Porte-Avions Clémenceau , pour la période 1967 à 1971.
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"Voyage - Voyage "
Les voyages et les îles du Pacifique
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le journal La dépêche de TAHITI .
Le « HENRY » en 1968
en POLYNESIE
Suite à notre article concernant, le départ du « Henry » début février, un ancien du bord s’est manifesté à notre rédaction pour nous faire savoir que l’EV HENRY en était bien à son quatrième séjour dans les eaux polynésiennes.
Afin de donner à nos lecteurs la relation d’une vie de ce bâtiment de la royale, nous avons écouté notre interlocuteur nous rapporter ce que fut la traversée Métropole-Tahiti de l’EV Henry entre Avril et Juin 1968 .
Dernier-né de la série des aviso-escorteurs, le « Henry » ne sera pas le premier aviso-escorteur à assurer les fonctions de « conserve » au croiseur « Jeanne-d’Arc ». D’autre part, le grand frère aîné du « Henry »Le « commandant Rivière » bien connu aussi en Polynésie, construit en 1960 , et arrivé en fin de carrière d’aviso, a été le premier à être « démis » de ses fonctions : transformé ,rallongé, refondu à l’arsenal de Lorient, il poursuit depuis 1985 , une nouvelle carrière de bâtiment d’expérimentation de matériels électroniques nouveaux.
« le plus jeune équipage de la Marine »
Mais laissons la parole à notre ami pour évoquer ce navire au nom si long que le ruban légendé du Bonnet à pompon rouge , en fait presque le tour !!
« embarqué avec tout un contingent de bleus « , à Lorient durant le carénage de 1967 , j’eus la chance de participer au début de sa deuxième campagne lointaine . A cette époque, il possédait ses trois tourelles de 100m/m et ses 200 hommes d’équipage .
Cet équipage , il faut le signaler , était alors le plus jeune de la flotte Française : sa moyenne, Commandant inclus était de 20 ans .le petit mousse du bord, le matelot Gabier Krémer , était âgé de 16 ans ½ à son embarquement le 25 octobre 1967 « .
" Amarinage "
Après chaque grand carénage des changement importants d’équipage se font , ainsi que des stages de formation aux divers matériels embarqués . Des exercices en tous genres ( manœuvre , sécurité , tirs ) permettent de donner à l’équipage la cohésion nécessaire à l’accomplissement des futures missions du navire . Ces stages se déroulent en méditerranée , avec pour base de départ le centre d’entrainement de la flotte (C.E.F) De Toulon .
« Après le carénage et différents essais en zone de Bretagne et Lorient , nous sommes descendus à Toulon pour le C.E.F . Le premier contact avec la Méditerranée et le détroit de Gibraltar , ainsi que le Golf du Lion, fut particulièrement rugueux . De plus nous n’étions pas encore Habitués à cette mer hachée qui ressemblait à un énorme clapot . »
« le GRAND DEPART «
Une fois le bateau et l’équipage bien au point l’Enseigne de Vaisseau Henry va appareiller du quai d’honneur , situé plein centre ville . Cette année là , la France commençait à entrer en ébullition .
Nous avons quitté Toulon en avril 1968 , pour une traversée de la Méditerranée et de l’Atlantique. En chemin , nous avons rencontré le groupe de l’Ecole d’application composé de la « Jeanne d’Arc » et Du « Schœlcher » avec qui nous avons effectué quelques exercices .
« PREMIERE ESCALE OFFICIELLE «
La Nouvelle-Orléans ,fut la première escale d’une série de représentations officielles du pavillon Tricolore à l’Etranger . Elle faillit bien mal commencer :
« Un matelot étourdit occupé à repeindre Les chaines d’ancre sur la plage avant , eut la mauvaise idée d’oublier sur le pont une touque De « coaltar » qui se renversa pendant la nuit . Transporté par l’eau de mer et les embruns , le goudron Se répandit de chaque coté de la coque sur la moitié de sa longueur . Il fallut forcer les machines pour aller mouiller dans un coude discret du Mississipi et refaire une toilette complète du bâtiment . Et le lendemain, propre et net , le « Henry » accostait aux docks de la Nelle-Orléans , à l’heure prévue devant tous les officiels ».
Ce fut une escale mémorable pour bon nombre d’entre nous qui faisaient ainsi connaissance avec l’hospitalité américaine . Lors d’une cérémonie , nous avons été surpris de constater que les américains connaissaient mieux que nous les paroles de la « Marseillaise » .
Puis le golfe du Mexique traversé à la vitesse record de 24 nœuds , le Henry franchi le Canal de Panama vers son but final : le Pacifique .
« ENFIN la POLYNESIE «
Durant cette traversée sans histoire , se déroula l’inévitable cérémonie du passage de la ligne de l’équateur .Le premier contact avec la terre polynésienne eut lieu aux îles Marquises et Hiva Oa .
« Au mouillage d’Atuona , où nous étions , le Pacha, trouva un excellent guide en la personne de son frère alors professeur dans un collège de l’île . »
« DRAME à ATUANA »
Le premier abord avec cette terre inconnue et les autochtones se passa fort bien pour les marins du Henry .Ceux-ci furent invités dans les « Faré » à déguster leurs premières noix de coco .Ces îles qui vivaient encore , à l’époque , tout à fait en dehors de toute civilisation , mécanique ,électrique , avaient un cachet remarquable.
« le jour de l’arrivée , une plage nous fut particulièrement recommandée pour son accès facile et sa réputation de sécurité . Cette recommandation fut fatale à deux d’entre nous , poursuit l’ancien matelot ; «J’aurais pu être du nombre « précise-t-il ,j’ai eu un mal fou à remonter sur la plage !Nos deux amis se sont noyés à quelques mètres du rivage , dans le ressac et le vagues hautes , sans que personne puisse leur porter secours . Le temps de donner l’alerte , ils avaient disparu et personne ne les revit « .
La population d’Atuona se mobilisa pour participer aux recherches menées de conserve par les embarcations du Henry , aidées de plongeurs .Ces derniers durent renoncer étant poursuivis en permanence par de gros requins . ( Un service funèbre fut rendu aux deux hommes en l’Eglise Sainte-Thérése à Papeete .
« ARRIVEE à TAHITI «
Deux mois après son départ de métropole , le « Henry » allait enfin toucher l’île au nom qui fait rêver . Tahiti . On s’en doute , après le tragique accident des Marquises , la traversée du être quelque peu morose ……..D’autant que des Télex arrivaient à bord cette semaine là .
– Clémenceau ..1 mort , accident en mer
- Charner … 1 mort accident de la route .
- CDT Rivière … 1 disparu au large de Rapa .
On imagine facilement que l’escale de Papeete fut la bienvenue pour permettre à l’équipage de « décompresser « .
« L’arrivée à Tahiti par la mer ( surtout la première fois ) est une chose inoubliable , une sensation que je n’ai jamais eu nulle part ailleurs : on commence à sentir la terre , c’est un mélange de parfum de toutes les fleurs de l’île qui nous parvient avec les dernières brises venues de la montagne . Puis l’aube commence à nacrer les nuages ,enfin, il illumine la montagne et la ville tout en bas … c’est merveilleux à vivre !! … «
« Nous avons accosté au quai d’honneur , devant le Quinn’s ' , et c’est le Ballet « Heiva » de Madeleine qui est venu nous souhaiter un grand « la orana « comme elle seule savait le faire .Oui c’est vrai , l’Aviso Escorteur Enseigne de Vaisseau Henry était bien à TAHITI en 1968 . N’en doutons plus !!!
Ecrit par Serge Descure
Courrier envoyé chez moi ( Emile ) par KULPA RICHARD ( Ex marin du Henry et toujours à TAHITi )-
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video - N° 2 -EV Henry
Drapeau de Panama
Vidéo faite par Emile